Kèk wòch an plis

En plus du triptyque des libraires que vous pouvez découvrir dans le numéro #1 de la revue, trois/cent/soixante vous propose aussi de découvrir les réalités du métier de deux libraires indépendants, l’un aux Etats-Unis, l’autre au Mali.

La librairie Parnassus

libNashEn août 2015, la revue a rencontré Karen Hayes, copropriétaire de la librairie indépendante Parnassus de Nashville, Tennessee. Le boom des librairies indépendantes est un phénomène bien connu aux États-Unis : d’indéfectibles libraires ont su résister à toutes les sirènes qui annonçaient la mort du secteur pour se réinventer et participer comme jamais à la vie culturelle locale. Alors que les grandes chaines impersonnelles souffrent le plus brutalement de la concurrence directe d’Amazon, les petites et moyennes librairies américaines comme Parnassus ont compris que les rapports humains, la connaissance directe des auteurs, les choix dans le fond et dans les propositions de lecture, que était ce qui rendait le métier de libraire irremplaçable. Dans le paysage culturel foisonnant de Nashville, le livre a sa place dans une petite librairie -pas si petite- chaleureuse, dynamique, attentive aux goûts de la clientèle, riche en littérature jeunesse, et sensible aux plumes qui sortent du lot. (A découvrir à partir du 15 septembre 2016)

La librairie Bah 

Dans un local exigu éclairé au néon, où chaque centimètre carré  de mur, de table et de fenêtre est utilisé pour présenter des livres en superposition, entre la réception et le restaurant du Grand Hôtel Azalai de Bamako, se trouve cet endroit bizarrement accueillant qu’est la librairie Bah. Elle porte le nom de son fondateur qui, des dires de son neveu homonyme et actuel directeur, avait pour grande qualité d’avoir toujours son mot à dire. Il puisait son savoir dans les livres et dans une passion pour les actualités. Le « Monsieur Bah » d’aujourd’hui est tombé dans le métier par hérédité et a appris sur le tas, les yeux pleins d’admiration pour son aïeul. Pour arriver jusqu’à cet homme « optimiste et serein » et sa petite table au fond de la librairie, on passe un poste de surveillance et le détecteur de métaux du check sécurité de l’hôtel. Ces mesures sont devenues communes depuis l’éclatement du conflit au Mali. Au moment de l’interview, début novembre 2015, Mr Bah était confiant : la situation allait s’améliorer, le gros de la crise liée à la guerre était derrière les petits commerçants maliens et le tourisme allait revenir. Quelques jours plus tard, une terrible prise d’otages se déroulait dans un autre grand hôtel de la capitale malienne, semant à nouveau la panique en ville. (A découvrir à partir du 15 septembre 2016)